Critique: La chambre verte de Martine Desjardins

| 01 August, 2016


L’oisiveté, ou dans ce cas-ci, l’argent est mère de tous les vices. Dans le dernier roman de Martine Desjardins, La chambre verte, c’est l’argent qui est aux premières loges. Cette saga multigénérationnelle où l’argent d’un héritage dicte les termes et les comportements d’une maisonnée entière met en scène, de façon tragi-comique, des personnages rongés par l’avarice.


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Louis-Dollard Delorme a été confié d’une mission de la plus haute importance par son père. Celui-ci s’était acquis d’une somme d’argent importante lors de la vente d’une série de terres agricoles pour faire place à la construction de la ville de Montréal. Prosper Delorme avait, à l’époque, refusé de vendre sa terre sans en négocier drastiquement la valeur, accumulant ainsi un lot de capital qui allait assurer la sécurité financière de sa famille pour des générations à venir. Il la confie à son fils qui devient l’unique porteur du secret, la seule personne à connaître l’endroit de ces liasses d’argent comptant: enfoui dans un coffre-fort à l’intérieur d’une chambre verte, au sous-sol d’une grande maison à plusieurs unités.

 

Il est inusité que cette grande maison aux dizaines de clés ne soit nulle autre que la narratrice de cette fable, et que son rôle ne soit aucunement neutre et discret. La maison assume sa part dans le développement de l’histoire et des personnages. Elle aura une affection particulière pour Vincent, fils de Louis-Dollard, qui a tendance à renier l’historique de sa famille pour privilégier des concepts et attitudes comme la charité, la justice, la bonté et la générosité: des mots scandaleux dans la demeure Delorme.

 

À cette histoire s’ajouteront de nombreux personnages: Estelle, épouse de Louis-Dollard choisie pour sa loyauté à la cause de la préservation de l’Argent; Blastula, Morula et Gastrula, les sœurs de Louis-Dollard, étant tout à fait dépendantes de lui pour leur survie, et prenant plaisir à boire de l’essence de vanille en cachette; et non la moindre, Penny Stirling, une jeune locataire aux coffres garnis qui valsera dans la maisonnée sans révéler toutes la splendeur de ses intentions.

 

La chambre verte est d’un humour cinglant. Le roman est une réflection sur l’argent, l’accumulation de capital, la corruption, mais aussi sur l’espoir que malgré les maux, une jeune génération peut y voir clair et choisir des priorités plus altruistes. Racontée de façon non linéaire, La chambre verte est une saga rocambolesque qui fait bien rire.

 

4/5

 

La chambre verte de Martine Desjardins

 

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