La lutte des femmes dans l’espace francophone | #csw62 #ccfnu62

by Roxanne Dubois last modified 2018-03-14T09:52:11-04:00
Les Nations Unies tiennent présentement la 62e session de la Commission sur la condition féminine. Notre correspondante Roxanne Dubois fait partie d'une délégation de femmes syndicalistes à New York.

Trafic d’êtres humains, droits économiques des femmes, et travailleuses domestiques : ce sont certains des sujets abordés lors d’un panel francophone du 13 mars, à la 62e Commission sur la condition féminine des Nations Unies, António Guterres. C’était lors de l’atelier intitulé « Enjeux et défis de l’égalité femme-homme et de l’autonomisation des femmes et des filles en milieu rural au sein de l’espace francophone ».

La Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Michaëlle Jean, a ouvert le bal. Elle a commenté le rôle de l’OIF aux Nations Unies, et rapporté sa rencontre avec le Secrétaire général de l’ONU le jour même. Dans ses remarques d’ouverture, elle a encouragé les membres présents à poursuivre la lutte. « Il existe des forces réfractrices qui doutent de ce que nous avons apporté, » dit-elle. « Notre patience est à bout. Soyons fiers de ce que nous portons tous les jours. »

Elle s’est agitée quant à la crise des migrants et au trafic d’êtres humains découvert en Libye. « Pour toutes ces personnes dont on a perdu la trace, il y a des familles et des femmes. L’inaction est insupportable ». Elle a indiqué que l’OIF est revenu à la charge auprès de l’ONU pour que cette question ne soit pas oubliée.
Après une période de questions animée, Jean a quitté la salle et le panel s’est poursuivi animé par Ndioro Ndiaye du Réseau francophone pour l’égalité femme-homme.

Eyoum Minono Epoube du Réseau des femmes parlementaires de la francophonie a parlé des enjeux qui influent sur la vie des femmes en milieu rural au Cameroun : l’éducation, l’économie et la santé. Elle a ajouté : « lorsqu’on parle de l’autonomisation des femmes en milieu rural, il ne faut pas oublier qu’elles travaillent souvent sur des terres qui ne leur appartiennent pas. »

Anne Delorme du Comité québécois femmes et développement (CQFD) a discuté de la question des travailleuses domestiques dont le nombre s’élève à 25 000 au Québec et 150 000 au Canada. « Ces travailleuses font souvent face au racisme, à l’exploitation économique et au harcèlement sexuel de façon quotidienne, » dit-elle.

Elle souligne le travail invisible monumental effectué par ce groupe de travailleuses : « Ces travailleuses arrivent au pays sous des politiques qui exploitent leur main-d’œuvre plutôt que de respecter leurs droits de la personne ». Elle a terminé son allocution avec la mention de la convention 189 de l’Organisation internationale du Travail. « La convention stipule que les travailleuses domestiques doivent avoir les mêmes protections que tous les travailleurs. Il faut que le Canada ratifie cette convention. »

Malgré une durée trop courte pour les panélistes, l’atelier a démontré que la lutte des femmes dans l’espace francophone s’insère dans l’air du temps.

Ce billet a été d'abord publié sur Union CSW.

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